La jeune fille, le diable et le moulin

Note intention

La Jeune Fille, le Diable et le moulin

Prochaines dates : 06 mai 2022 à 20h à Nousty et juillet 2022 à 11h10 salle Alaya, Festival Off d'Avignon.


NOTE D’INTENTION

Au plateau, 3 acteurs, 3 clowns contemporains pour raconter l'aventure héroïco-tragique de la jeune fille. Ici, aucune psychologie, ni second degré. L’intention est brute, immédiate. Le jeu est expressif, souvent maladroit, déséquilibré. Les 3 clowns ratent ce que nous réussissons avec facilité. Ils sont d’une inefficacité productive, se jouent de la logique, créant le désordre, dans un monde à l’envers et dans une humeur de jeu proche de celle de l’enfance. Le régisseur devient conteur ou acteur, l’acteur explore la didascalie et la didascalie à son tour s’amuse des capacités de l’acteur. Un aller-retour décomplexé entre la narration, l’action et la régie, en ayant soin de ne pas déchirer le tissu de l’histoire..

La scénographie est une fabrique de l’instant. Elle se résume à un espace vide, un rideau diaphane qui tient lieu de coulisses, pour cacher sans vraiment cacher et une régie au plateau. Les coulisses, la lumière sont autant d’éléments de décor, de jeu, aux côtés des personnages-acteurs et tissent ensembles la trame de ce parcours singulier et initiatique. L’image se construit au fur et à mesure. Quelques simples accessoires pour signifier les lieux de l’action et le décor est posé, sans plus d’artifices, ni de machinerie.

Une place de choix pour les costumes qui apportent une touche flamboyante et parodique dans l’espace vide du plateau. Le costume se lit comme une scénographie à part entière, à même la peau de l’acteur. Chaque mise et démise d’un costume est un jeu en soi. La blancheur farineuse ou l’ignorance crasse des meuniers, les hauts talons et le maquillage outré de l’ange, les veines saillantes du démon, chantre de la modernité, du consumérisme, la pauvreté de la jeune fille, en fibre légère, aérienne, ballotée par les vents et les humeurs des hommes, le costume du prince, soumis à la lourdeur des médailles, à la tradition et au faste de la couronne.

Le son a ici toute son importance. Il renforce l’effet comique du clown. Plus qu’un simple détail de réel, c’est tout le réel pris en bloc dans un seul point d’écoute : le bourdonnement amplifié d’un insecte, le bruit sourd d’une main qui tombe dans le seau en métal, un cœur qui s’agite ou encore le sifflet étrange d’un volatile dans la forêt obscure…Un réel réinterprété par confrontation à l’action.

Une proposition tonique, poétique et pleine d’humour, pour tout public, conçue également pour se jouer en plein air, avec un seul service d’installation, (4H).

Un spectacle également en destination des scolaires dès le cycle 3.

Mise en scène, scénographie et conception sonore : Thierry Lutz
Jeu : Thérèse Tisseyre et Tristan Zerbib et Thierry Lutz
Costumes : Dorothée Laurent

Teaser ci-dessous